Elle est menue, semble fragile, vieille dame aux cheveux blancs aux épaules recouvertes d’un pascmina qui semble l’avaler tout entière. Elle s’avance sur la scène du Grand Rex et la standing ovation qui l’accueille est à la mesure de la qualité de ses travaux et des résultats obtenus pour mieux faire connaître et protéger les grands singes. Durant deux heures, la scientifique va disserter sur ceux qui sont, au fil des ans, devenus des compagnons de vie. Devant elle, le public de tous les âges semble conquis. L’occasion de rappeler que cet intérêt pour les grands singes n’est pas seulement théorique puisque les primates sont aussi au centre d’un éco-tourisme aux multiples visages. Car la connaissance pousse à l’envie d’aller voir. Qui n’a jamais rêvé, comme Jane Goodall (qui, à 4 ans, tomba amoureuse de Tarzan) d’aller rencontrer ses mammifères au cœur de leur habitat naturel ? Un moment magique pour des voyageurs amoureux de la nature et une forme de tourisme qui, si elle a parfois ses excès, n’en demeure pas moins une source de revenus et de développements pour les populations locales qui trouvent là un intérêt réel, sonnant et trébuchant, à la présence de ces primates sur «leur» territoire.

Face au développement de ce tourisme, deux bonnes nouvelles :
La première, pardon pour ce qui pourrait passer pour de la provocation, ces voyages sont chers et donc peu accessibles au plus grand nombre. Avec des circuits dont les prix oscillent entre 3000 et 4000 euros, il est peu probable que les chimpanzés soient demain dérangés par des bus déversant des centaines de touristes. Et les organismes (T.O. de petite taille, fins connaisseurs des destinations le plus souvent) qui mettent en place ces voyages sont, dans leur grande majorité, soucieux des populations locales et des associations de protection de la faune qui travaillent sur place.

Deuxième bonne nouvelle, le développement, parallèlement à ces safaris d’un genre nouveau, des voyages d’éco-tourisme. Bâtis sur la participation balisée -et contrôlée- des voyageurs à des programmes de sauvegarde de ces régions. Souvent bien conçus, ils mettent en avant l’animal au sein de son environnement et montrent que la sauvegarde de l’un passe systématiquement par la préservation de l’autre, y compris dans la dimension humaine. Et les primatologues, Jane Goodall en tête, ont bien compris que leurs protégés ne survivront qu’à la condition que les populations qui les entourent participen,t elles aussi, à leur sauvegarde.

Attention cependant, le tourisme parfait n’existe pas et il entraîne, par le développement de ces produits autour de la faune, des erreurs et des abus. Pourtant il favorise aussi la mise en lumière de ces espèces menacées et contribue à leur survie. Les braconniers reconvertis en guide naturaliste ? Un joli rêve peut-être pas inaccessible.

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